Comptage préalable des varroas

Pour savoir si vous devez traiter aux acides, et combien, il vous faut préalablement estimer l’infestation de varroa. Pour ceci vous devez placer un lange (une feuille de papier A3) enduit de graisse à traire (vendue dans les coopératives agricoles et non dans les pharmacies) sur le tiroir du fond de chaque ruche, ou directement sur le fond grillagé si vous avez des ruches économiques.

Si vous avez plus de 10 varroas par 24 heure tombés naturellement sur le lange il est conseillé de traiter aux acides. Evitez les autres graisses qui se liquériferont rapidement. Ne traitez pas si vous en avez moins que 10 varroas/jour car cela est toujours un choc pour un essaim que d’être dérangé pendant la saison froide.

De plus , moins vous faites appel à un médicament, plus son action reste efficace. L’avenir des abeilles est dans l’accroissement de sa résitance naturelle aux parasites et non dans lsta,ce par les produits de l’industrie pharamceutique.

 

 

 

 

Varroa 2    

 

Pour ceux qui n’ont pas de bons yeux : procurez-vous un mini microscope grossissants 45x à 2,36€ port compris, pour identifier le varroa sur les tiroirs des fonds de vos ruches :

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Microscope  

J’utilise cela depuis des années et cela fonctionne très bien aussi pour nettoyer les petites blessures, sortir les échardes etc, voir les parasites sur les plantes et dans la terre. C’est un minuscule objet qui tiens dans votre poche. Il faut impérativeent poser l’extrémité du micropscope sur le linge pour pouvoir observer les varroas.

 

Traitement à l’acide formique (à effectuer en septembre)

Avantages:

Le grand avantage de l’acide formique est son efficacité tant sur les adultes que sur le couvain en raison de son mode d’action. Cette efficacité est d’environ 90%, considérant que l’acide formique agit également sur le couvain et non seulement sur les adultes. D’autres avantages de l’acide formique sont son faible coût (disponible dans les pharmacies, les centres d’intrants agricoles, etc.) et le fait que les acariens n’y développent pas de résistance. En Europe, l’acide formique est utilisée avec succès dans de grosses entreprises apicoles comme celle d’Alois Wallner en Autriche, quipossède 700 colonies (il a écrit un livre sur le sujet).

Evitez les produits à base d’acides naturels proposés par l’industrie pharmaceutique qui ne peuvent être efficaces pour des questions de logique industrielle.

 

Désavantages:

Un désavantage de l’acide formique est qu’il s’agit tout de même d’une substance à manipuler avec soin, bien que ses effets sur l’humain soit bien connus.

Un autre désavantage est que l’on peut perdre 5% des reines lors du traitement, ou même plus si lesconditions ne sont pas idéales.

 

Application:

L’acide formique est disponible en solution à 65%. On en utilise 15 à 20 ml pour chaque hausse de couvain qu’on imbibe sur une éponge essui-tout (de 3 mm d’épasseur) qui est placée à la base de la ruche. Ils sont placés dans les ruches, le matin ou le soir. De trois à six traitements faits à 1 à 4 jours d’intervalle peuvent être nécessaires selon le nombre de varroa tombés à la base de la ruche. Idéalement, les traitements doivent être faits lorsque la température se situe entre 20 et 30C. Le produit devient dangereux pour les abeilles si la température est supérieure à 30C et s’avère nettement moins efficace en-deça de 12°C. On doit laisser toutes les entrées totalement ouvertes et traiter après la récolte principale ou la dernière récolte. En général, lorsque moins de 10 acariens sont retrouvés, on peut cesser le traitement. En Autriche, il est recommandé de traiter les colonies très atteintes 3 à 4 fois à intervalles de 24 heures, les colonies peu atteintes 2 fois à 1 ou 2 semaines d’intervalle, et les colonies réinfestées 1 à 2 fois par mois en septembre ou octobre.

 

Préparation :

  • mettre 10ml max(15 ml max en cas de très forte infestation)
  • température minide traitement : +20°C
  • solution venduepar Apimiel : 1litre à 85%
  • utiliser des lunettes de chimistes pendant toutes les manipulations, et rincer abondamment avec de l’eau froide en cas de projections d’acide
  • pour préparer 1 litre de mélange à 65% faire 100x85/65)-1= 31 ml d’eau à ajouter à 100 ml d’acide à 85%
  • laisser évaporer1 minute environ avant de mettre le fonds sous mes ruches
  • appliquer 10 à15 ml d’acide sur un morceau d’éponge en viscose (15x12 cm et 2mmd’épaisseur environ) et le glisser dans la ruche par le bas sur letiroir anti-varroa, ou directement sur le fond grillagé si vous avez des ruches économiques.

 

 

 

 

Traitement à l’acide oxalique (à effectuer en novembre-décembre)

Période de traitement :

- En absence de couvain (novembre-décembre) pour une efficacité estimée entre 95% et 98 % ce qui est supérieur à l’efficacité des acaricides de synthèse.

 

Mode opératoire :

- n’effectuer qu’une seule application par automne.

- déverser la solution entre les cadres,directement sur les abeilles.

- traiter avec une solution tiède.

- la température ambiante lors dutraitement doit être supérieure à 0° C.

- n’utiliser qu’une solution fraîchement préparée ou conservée à une température maximale de 15° C pourune période n’excédant pas 6 mois.

- le dégouttement de la solution d’acideoxalique peut, dans certaines conditions, occasionner un légeraffaiblissement des colonies au printemps.

- l’application de l’acide oxalique parpulvérisation est mieux tolérée (30 g AO dihyd / litre eau, 3-4 ml par face de cadre occupée par les abeilles;

- lors du traitement, porter des gants etdes lunettes de protection.  

 

Quantité de solution :

- 30 ml par petite colonie (25 ml (soit1/10 de pissette de labo) à 30 ml par ruche warré.) - 40 ml par colonie moyenne - 50 ml par colonie forte  

 

Composition de la solution :

- 30 g d’acide oxalique dihydrate dans 1litre de sirop de sucre 1:1

Tableau  

 

 

Notes concernant les acides :


Les acides formique et citrique sont des acides faibles alors que l’oxalique est un acide fort.

Pour information, il y a bien plus fort que l’acide formique ou citrique  (l’acide trifluorométhanesulfonique est considéré 1000x plus fort que l’acide sulfurique !!!).

Néanmoins, les acides faibles sont irritants et il vaut mieux éviter de se les coller dans l’œil (dilué, le jus de citron peut quand même s’utiliser contre les conjonctivite dans l’œil).

Quoi qu’il en soit, ces molécules sont assimilées, dégradées et ne contaminent pas le miel ni celui qui le consomme contrairement aux insecticides qu’on dissémine à tour de bras dans l’industrie agroalimentaire. L’amitraze (Apivar) comporte 2 cycles benzéniques qui ne sont pas dégradables et qui affectent directement la double hélice d’ADN (support des chromosomes) quelle que soit sa concentration comme le montre la publication suivante : http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/23385813

En comparaison, l’acide oxalique (aussi fort soit il) est totalement inoffensif pour nos chromosomes (même si il est très irritant pour la peau et mortel si il est ingéré à forte concentration). Ce que les gens ont du mal à comprendre c’est l’effet pernicieux des insecticides et pesticides pour les générations à venir : tout ce qui touche à l’ADN à potentiellement des effets cancérigènes. Pas les acides, aussi forts soient-ils !

Source : Docteur Derijard, chercheur en biologie cellulaire, Institut de Biologie Valrose (iBV) UMR CNRS 7277  -  UMR INSERM 1091,