Constats :

- L’urbanisme règlementaire densifie et isole de plus en plus l’habitat des ressources naturelles (biomasse, gisements hydrauliques, compostage,cultures, etc) et des lieux de travail productifs en contingentant et spécialisant les tissus urbains (phénomène de zonage), les agglomérations. Des déplacements inutiles sont ainsi imposés à tous les niveaux, de même que des coûts de gestion des déchets, de l’énergie, de stockage des intrants et sortants,

- Les exigences règlementaires thermiques et constructives croissantes imposent des coûts d’études inutiles ainsi que des produits industrialisés polluants et peu durables,

- Le coût élevé de la construction et la sauvegarde du paysage architectural bloquent certaines formes d’autoconstruction non conformistes, innovantes.

- la spéculation immobilière et l’évolution des bassins d’emplois font que le nombre de logements disponibles est très supérieure à la demande.

  On trouve dans de nombreux centres anciens des villes des immeubles entiers (des fois des rues entières) dont les étages sont vides (Strasbourg, Saverne, etc). Les centres des villages se dévitalisent au profit de lotissements (gigantesques parkings à pavillons les uns plus insignifiants que les autres) créés ex-nihilo.

  Contrairement à ce que l’on essaie de faire croire, il n’y a pas de réelle crise du logement en France mais seulement une rétention et/ou une inadéquation entre l’offre et la demande.

  C’est une fois de plus du story-telling pour alimenter l’économie de la construction et la financiarisation de l’immobilier au dépend d’une population captive.


Corollaires :

- les modèles d’urbanisme et de construction actuels sont de moins en moins écologiques et compatibles avec la permaculture, et de moins en moins résilents,

- les personnes en difficultés s’approprient les délaissés (échangeurs routiers, bordures de voies ferrées et routières, friches, etc) et autres zones inconstructibles pour y édifier des constructions légères sauvages. Les personnes à budgets réduits (jeunes, retraités, etc) n’ont plus de moyens d’acquisition ou d’entretien de leur habitat.

Lire à ce sujet : http://www.lemonde.fr/planete/article/2015/01/22/pres-de-la-moitie-de-la-croissance-urbaine-se-fait-dans-les-bidonvilles_4561791_3244.html

- les formes architecturales vernaculaires et urbaines s’appauvrissent de plus en plus :

Les Paysages Alsaciens Lotissement  

- les modèles d’autoconstructions spontanées et alternatifs ne sont pas plus écologiques (Yourtes, bidonvilles, camions) que confortables (cabanes en fustes, imitations de bunkers, de grottes humides et froides).

Les Campements Type Bidonville De Strasbourg Ici Les Person  

- la finance, les banques, l’industrie du bâtiment, la pétrochimie (polystyrène, polyuréthane, PVC) le BTP, les transporteurs, les fabricants de camions, les groupes d’assurance et toute l’oligarchie se porte toujours mieux,

- les décharges ultimes et les usines d’incinération saturent. Et ce n’est que le début avec les bâtiments BBC et passifs ultra-polluants que l’on construit actuellement.



Propositions :

1) sortir du carcan officiel de la construction, de l’économie du bâtiment pour éviter les charges administratives inutiles et solutions constructives polluantes,

2) proposer des alternatives architecturales modernes et écologiques sans compromis : solutions constructives performantes simples et plans adaptés à l’autoconstruction en régions froides et humides telles que l’Alsace, afin de permettre aux plus démunis de se loger sans avoir à payer les banques toute une vie ni avoir à mendier un appartement.

Construire soi-même son logement permet d’apprendre la valeur réelle des objets, du travail, et ainsi que de s’épargner bien des frustrations, des convoitises.



A terme trois modèles, de tailles différentes, seront proposés :

- un abri extérieur non clos de type bivouac ou cabane de jeu,

- un habitat minimaliste ou annexe de type abri lapon (sami hut), refuge de transumance ou forestier, rucher, pouvant servir de modèle au logement provisoire, de secours, de retraite, avec une seule pièce de vie + niches attenantes (cf. lits-alcôves de Stube de maisons alsaciennes).

- un habitat économique, avec ou sans permis de construire selon le programme et la règlementation applicable, avec plusieurs pièces de vie.

avec dans les 2 derniers cas chaque fois si possible une cave naturelle, indépendante, en annexe.


Cahier des charges :

- performances passive,

- coût de construction : 1000 € pour 10 m² à 20 m² habitable (50 €/m² à 100€/m²) pour les fournitures.

- autoconstruction rapide à faible coût de main d’oeuvre. Exit les Yourtes importées à grand frais d’Orient, les constructions en fustes taillées laborieusement à la main,

- qualité architecturale minimum. Exit les garages de récupération, les imitations de bunkers, de grottes humides et froides,

- intégration totale dans l’environnement naturel (grand paysage), sans compromis. Exit les formes exotiques de type Yourte, Zome, Dôme, et autres pagodes chinoises qui n’ont rien à faire dans nos villages ou forêts,

- grande durabilité des matériaux mis en oeuvre. Exit les solutions bidonvillesques de type Yourte, camions, caravanes, en vieux pneus, bâches plastiques et palettes de récupération ( voir http://www.lalsace.fr/actualite/2014/01/25/strasbourg-les-abris-d-urgence-pour-sdf-inventes-par-deux-architectes ),

- biodégradablilité supérieure à 99% : élimination ou démontage très rapide, en fin de vie par exemple,sans laisser de traces ni de polluants.

Pour le budget proposé (10 à 20 fois inférieur au prix des tiny house réservées au bobos) et les performances passives il n’est pas possible de rendre ces constructions mobiles.


Une première approche par l‘analyse de la valeur (design to cost) propose pour atteindre ces performances :

- la suppression de tous raccordements extérieurs (prévoir une phytoépuration), incompatibles avec la permaculture où sortants = entrants,

- la suppression du réseau électrique intérieur sauf éclairage en 12V et ponctuellement (telecom, atelier, etc).

- la suppression du réseau d’ECS à l’exception d’un point de lavage unique, type douche, sauna ou jacuzzi,

- un micro-chauffage unique à bois, d’appoint, servant à la cuisson et à l’ECS,

- la suppression des fondations (prévoir un calage ou des vérins au besoin), du terrassement lourd, par essence peu écologiques,

- la réduction au maximum des surfaces intérieures pour s’approcher du modèle d’habitat nomade de type caravane (sans l’aspect montage / démontage au quotidien) ou tiny house.

- l’autoproduction de 98% des matériaux (notamment structure, isolants, couverture) avec des machines performantes mutualisées.

- l’autoconstruction de 90% des ouvrages. On est donc loin de l’habitat clefs en mains.


Exemple de calendrier d’exécution d’un modèle d’abri minimaliste:

- débroussaillage, bûcheronnage, piquetage : 1/2 journée

- préfabrication de la structure, à la machine, sur plans : 2 à 4 jours suivant la complexité du bâti,

- adaptation au sol, au relief, et terrassement éventuel à la main ou à la machine : 1 jour

- montage de la structure à la main : 1 jour

- montage de la couverture à la main : 1 jour,

- montage des menuiseries extérieures (achetées) : 1 jour

- stockage de l’eau, adduction : 1 jour

- isolation thermique, à la main : 1 jour

- finitions intérieures à la main : 1 jour

- préfabrication du mobilier, à la machine, sur plans : 5 jours

- montage du mobilier, à la main : 5 jours


Total 10 jours environ pour le bâti + 10 jours pour l’aménagement intérieur.

Compter +50% du temps pour l’approvisionnement et la préparation des travaux (2h avant et 2h après chaque journée de travail).

Compter +50% du temps pour l’étude du site, la conception, le dessin des plans.



Exemple d’outillage mise en commun pour réaliser un modèle d’abri minimaliste :

- tronçonneuse, treuil de débardage de 4 tonnes, triqueballe de 500 kg, cordages et poulies,

- pelle araignée,

- scierie mobile thermique à ruban, puissante, de 7,5 m de capacité,

- cloueuse pro + agrafeuse pneumatiques, compresseur,

- groupe électrogène de 3 ou 5kw

La location ou l’achat de cet outillage n’est pas compris dans le prix des fournitures de 1000€ car il est fréquemment disponible en milieu rural en échange de bons procédés.

A défaut, l’achat de ce matériel est amorti après la construction d’une dizaine de micro-habitations, et représente un surcoût de 100% aux prix des fournitures. Pour éviter ce surcoût il suffit de revendre l’outillage en fin de chantier.


Échéancier du projet

Le développement des modèles proposés est étalé sur plusieurs années et sur plusieurs sites.

Dans un premier temps il s’agit de réaliser 1 ou 2 démonstrateurs d’abri extérieur et d’abri minimaliste à l’été et l’automne 2015.

Je dispose pour à présent de terrains, de plans et de tout l’outillage cité plus haut. Il ne me manque que la main d’oeuvre pour m’aider à réaliser le premier prototype dès la mi-janvier 2015.

Pour ceci je propose de constituer une équipe de travail avec 2 ou 3 autres personnes intéressées par un abri minimaliste, propriétaires ou locataires de leur terrain.

On commence par mon projet en notant les participations respectives, puis on passe aux autres projets.

Nous constitueront ainsi un groupe d’autoconstructeurs de type castor (entraide mutuelle. Voir http://fr.wikipedia.org/wiki/Castors_%28mouvement_coop%C3%A9ratif%29 ) avec mutualisation des moyens.

 

Les personnes intéressées pour s’investir ou soutenir ce projet peuvent s’inscrire au lien suivant : https://w67ny.titanpad.com/70

 

Liste de diffusion et discussion de cet atelier :

https://groups.google.com/forum/?hl=fr&fromgroups#!forum/atelier-de-construction-de-micro-habitations-ecologiques